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microécrivons de l’écolopoésie

Sur le mode des cadavres exquis, nous vous proposons d’écrire ensemble de l’écolopoésie, sur twitter et identi.ca – avec le tag  « #ecolopoesie » – et dans les commentaires-même de cette page.

et pour commencer ce poème collectif,
nous vous proposons l’inspiration de ces quelques mots :
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Couleurs femmes

Comment dire en dix mots l’éventail, la palette

Des couleurs qu’en ce jour vous mettez à la fête

Et dont vous vous parez pour exceller, Mesdames,

Couleurs Femmes

Depuis la nuit des jours, en toute latitude

Vous parez votre corps, coutume ou habitude,

Où vous montrez vos cœurs, où vous cachez vos âmes

Couleurs dames

Tu t’appelles Carmen et tu vis à Séville,

Ta robe qui tournoie est rouge comme sang

Et par l’or du soleil, tu séduis qui t’enflamme :

Couleurs flammes

Tu es née au Mali, survis en Haïti

Et ton quartier s’appelle un pauvre bidonville ;

Ta vie n’a que le noir et le gris pour ses trames :

Couleurs drames

Perle de l’Orient, tu n’es que marchandise,

La couleur de ton corps a le goût des devises ;

Esclave ou maltraitée en des trafics infâmes :

Couleurs blâmes

Comment ne pas chanter ce noir dessin de khôl

Qui ennoblit tes yeux ? Sans oublier la geôle

Où vit, dans sa burqa, la prisonnière afghane :

Couleurs qui fanent

Couleurs d’ici, d’ailleurs, ou couleurs d’un sourire

Qui parcourt l’univers pour broder son empire

Comme un bel arc-en-ciel tendu en oriflamme :

Couleurs femmes


Armand BEMER – LORRAINE – 3 février 2010

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Sensation, Arthur Rimbaud


Stéphane Hessel, Ecolopoésie #6

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Femmes couleurs

Cœurs de dames
Dames de cœur
Couleurs d’âmes
Couleurs dames
Couleurs femmes.

Armand BEMER LORRAINE – 2010

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Chant à l’Humanité

Il y avait des champs de blé

Ensemencés de coquelicots

Chantant un été effacé depuis longtemps.

Il y avait des oiseaux mordorés

S’élançant dans un céruléen bleu ciel

Parsemé de flocons de pollen évanescents,

Que les abeilles cueillaient au cœur des fleurs.

Il y avait aussi l’odeur riche de l’humus

Digérant les feuilles tombées

Du précédent automne doré

Et le parfum de l’herbe fraiche fauchée.

Des libellules irisées dansaient

Sur les étangs ombragés.

Les papillons en pagaille d’arc en ciel

Oubliaient le temps qui passe,

Drogués de leurs extases existentielles.

O rêve ! O passé perdu à jamais !

Je marche tête baissée

Sur les trottoirs sales

De nos villes civilisées.

Le ciel est mangé de grisaille

Comme les murs de nos cages prisons

Où nous nous entassons,

Ames de misère sans âme.

Gris est mon cœur,

Effrité, pierre et sable,

Dont la sève à séché.

Cette fleur de sang s’est éteinte,

Lasse de crier la vie

En cet enfer de métal, de béton et de bruit.

Foule noire, flot de corps, de faces peintes

Coulant tel un fleuve de rage contenue,

Folie des vagues aveugles piétinant la chaussée,

Pour arriver à une destination encagée.

Regards d’absence,

Regards de colère,

Regards de verre.

Faim de toujours plus,

Insatiable poussée,

Gouffre des désirs

Inassouvis, jamais.

Au centre de leur moi,

Une faille plus noire

Que l’enfer se nourrissant de lui-même.

Je vois des petits d’homme

Aux yeux fatigués,

Déjà éteints de la peine d’âme,

Tirés par leurs parents dans la circulation,

Empoisonnés par les nuages de pollution.

Ils toussent, ces pales rejetons

Nourris aux gènes manipulés

Sur une terre à l’agonie.

Déserts salés,

Sol craquelé,

Acide en pluie,

Et bulles jolies

De méthane éclatent

A la surface des eaux.

A l’horizon nappé de CO2

Couchés de soleil si beaux.

Il n’y a plus de blanc sur la planète,

Les glaciers ont tous fondu,

Les forêts vertes ont disparu.

J’ai cru voir un oiseau passer

Dans l’obscur dessin du ciel.

C’est un plastique au rouge joyeux

Jeté au vent par des enfants heureux.

Heureux, sont-ils.

Ils trouvent de nombreux trésors

Dans les décharges ou s’empilent

Des objets à peine usés.

A main nues, petits et grands

Fouillent et rient de leurs trouvailles

Que les nantis jettent en pagaille.

Ces pauvres découvrent enfouis sous des déchets

La manne du jour de leurs envies

Qui prolongera d’autant leur vie

Et leurs pales amours télévisés.

O terre perdue et dévastée !

La planète devient carbone.

Ce sombre diamant malade de l’homme

Brulé par les toxines des peuples

Qui réclament d’une seule voix

Encore plus de biens au choix!

Encore plus d’enfants, soyons multipliés !

Qu’importe l’avenir,

Qu’importent nos descendants,

Qu’importe la terre et sa fragilité,

Et ses forets et ses étés.

Vivons l’heure, le moment, l’instant présent.

Tel un ventre géant,

Cet appétit dévore le monde

Car le bonheur est dans l’oubli

Trouvé au gouffre des désirs.

Le repos enfin après la frénésie

De cette répétitive ronde.

Désir final caché dans notre subconscient,

La haine de vie porte le masque de nos plaisirs.

O peur ! qui enfonce ses racines

Dans les secrets de l’être.

O vie ! elle est éteinte la flamme de l’espoir.

O mort ! Emporte au soir des millénaires

Ces restes méprisés

Qui avaient pour nom humanité.

Adieu, regard rempli d’étoiles de rêve.

Adieu courages, tendresses et joies.

Leur souvenir passe comme une plume légère

Sur les vertes prairies du passé de la terre.

Adieu, élan passionné

Vers un absolu jamais atteint

Et pourtant conquis aux jours lointains

Dans les abysses du cœur et de l’esprit immortel.

Dans ce magnifique royaume vert et bleu

Nous avons cru être les rois.

Nous avons tout perdu,

Et du ciel il pleut des larmes mortelles.

Je suis Cela disait le sage.

Je ne suis plus rien murmure le vent,

Qui efface les dernières traces

Des êtres disparus depuis longtemps

Et caresse de son toucher léger

Les montagnes stériles d’une tombe,

Qui a été l’incarnation de la beauté

Dans une galaxie spirale, qui fut notre monde.

Hélène Champaloux

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